PEUT-ON AIMER LA POLICE...???

DEBAT - André Vallini, président du conseil général de l'ISère, et spécialiste des questions de justice au PS, débattait samedi avec Christian Estrosi, rapporteur en 2002 de la loi sur la sécurité intérieure, dans le cadre du forum organisé à Grenoble par Libé. Après un début très consensuel, le maire UMP de Nice suggère que le PS a beaucoup tardé à s’emparer de la question de la sécurité, permettant du coup au FN d’atteindre le second tour de la présidentielle de 2002. André Vallini rétorque que l’aggiornamento remonte au colloque de Villepinte - «Des villes sûres pour des citoyens libres» - organisé sous Jospin en 1997, qui avait lancé la police de proximité, «caricaturée puis supprimée» fuyant dans un premier temps ce sujet ... par Nicolas Sarkozy en 2002. Puis rétablie sous un autre nom cette année, ce que conteste d’abord Estrosi, «Changez le nom s’il est trop connoté PS», dit Vallini. Les deux hommes s’affrontent ensuite pour savoir si les Français aiment leur police. Estrosi affirme que oui. Mais Vallini estime que ce serait plus souvent le cas sans les «opérations à grand spectacle», et les «contrôles répétitifs» en banlieue. Son contradicteur se fait alors huer lorsqu’il lance : «On voit qui est du côté de la police, et qui est contre elle.» Le débat touche à sa fin quand une directrice de MJC explique que la police a perdu le contact avec les acteurs de terrain. Estrosi, d’abord moqueur, répond par une phrase inattendue : «Nous réorganisons la police de proximité.»