A Vannes, on peut uriner sur une voiture de police en toute impunité…
Peut-on cracher et uriner sur un véhicule de police sans être poursuivi devant la justice ? A Vannes, grâce au procureur de la République, on sait depuis peu que la réponse est oui. Les policiers sont furieux.
Dans la nuit du 1er au 2 décembre, la police est appelée pour un tapage nocturne dans le village des étudiants. On est un jeudi soir et ces derniers font la fête comme souvent avant le week-end. Et comme il se doit beaucoup sont alcoolisés. Assez pour que l’un d’entre eux profite de l’occasion pour cracher et uriner sur le véhicule des forces de l’ordre où le mot « police » est affiché en grosses lettres. Impossible de se tromper.
Découvert en pleine action par les policiers, le jeune homme sera interpellé après une course poursuite et placé en garde à vue au commissariat de Vannes. Après quelques heures passées dans une cellule de dégrisement, l’étudiant a été interrogé par un officier de police judiciaire qui a transmis le PV au parquet. Réponse de ce dernier : il n’y a pas lieu à poursuites et l’affaire est classée.
Cette décision n’a pas manqué de soulever l’indignation des policiers vannetais. Dans un communiqué, le syndicat Unité SGP Police « dénonce, une nouvelle fois, la démonstration de la réponse pénale devant un individu auteur d’un délit grave. Uriner et cracher sur un véhicule de police est inadmissible car c’est non seulement s’attaquer à l’institution policière, mais c’est aussi s’attaquer à l’État. »
Pour Vincent Lucazeau, délégué syndical, « quel message est encore donné ? Si ce même individu avait uriné ou craché sur la porte du palais de justice, je ne suis pas certain que la procédure aurait été classée sans suite » (Ouest-France, 04/12/2016). Dans un contexte particulièrement tendu – les manifestations spontanées des policiers se sont multipliées ces derniers temps – cette affaire ne va pas faire baisser la tension.
Pour mémoire on se souvient que dans l’affaire d’Arzon le procureur de Vannes avait estimé, à propos de l’agression sexuelle caractérisée dont avait été victime une femme, qu’il s’agissait «de faits pas si graves que cela».