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La police teste le GPS pour intervenir plus vite...

Publié le par DEXTER

Technologie - Depuis le 18 juillet, la police nationale du Rhône suit par radio localisation les 400 véhicules qu'elle utilise. Une expérience pilote qui accroît la sécurité et l'efficacité des interventions.

« Il faut parler de radio localisation et non de géolocalisation », précise d'emblée le commandant de police Christian Jarjanette chef du CIC, le Centre d'Information et de Commandement du département. « C'est important, parce que si les véhicules disposent tous d'un GPS, le signal transite via la fréquence du réseau radio de la police nationale Acropole qui permet de crypter les messages ». Ce système testé à Lyon et à Rouen permet de suivre en permanence les équipages qui patrouillent sur leur secteur. C'est une pièce supplémentaire du logiciel baptisé Pégase qui équipe le CIC depuis novembre 2006. En alliant téléphonie et informatique, Pégase suit tous les appels du 17.

Outil de contrôle ???

Connaître la position de tous, n'est pas sans risque. Outre la rapidité et l'efficacité que ce système procure, il permet aussi de surveiller les équipages. « Nous avons fait un gros effort d'explication en insistant sur le points positifs », se défend le commandant. « Certes, il s'agit d'un outil de contrôle, et il y a eu une phase d'appréhension et de doute. Les opérateurs radio ont dû faire la démonstration qu'ils avaient suffisamment de travail à gérer les appels et localiser les missions sur leur écran pour ne pas avoir en plus à faire de la surveillance ».
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La police inaugure de nouvelles salles de commandement auxquelles ses véhicules seront reliées par satellite. Mais les syndicats craignent un « flicage » des patrouilles.

PÉGASE : Pilotage des événements, gestion de l’activité et sécurisation des équipages. Encore un sabir ? Ce vaste projet du ministère de l’Intérieur pourrait bien modifier en profondeur le rythme de travail de la police de terrain. Concrètement : les directions départementales de la sécurité publique ont commencé à mettre en service des salles de commandement d’un nouveau type.

Quinze villes, pour l’instant, sont équipées, de Belfort à Dijon, en passant par Orléans ou Saint-Denis, il y a quelques jours.

Relié directement au bureau du « patron », le système Pégase se compose d’un mur d’écrans et d’opérateurs radio formés tout spécialement à la gestion des incidents. Ils disposent d’outils informatiques révolutionnaires. D’un clic, ils font apparaître à l’écran les patrouilles, les points sensibles de la circonscription, pouvant zoomer à leur guise sur telle ou telle zone. Pour peu que les voitures des commissariats soient équipées d’un GPS (boîtier de localisation par satellite), elles apparaîtront sur la carte en temps réel.

Ainsi, dès qu’un incident sera signalé sur le « 17 », en fonction du type d’affaire et du lieu de commission des faits, l’opérateur fera apparaître sur son écran des « fiches réflexes » avec les numéros utiles du secteur (serruriers, médecins, etc.). Et il dépêchera sur site la patrouille la plus proche ou la mieux équipée pour répondre à l’événement. L’Intérieur s’apprête ainsi à gérer ses interventions un peu comme la G7 répartit les courses de ses chauffeurs de taxi. Évidemment, la police n’est pas une société de taxis obsédée par la rentabilité.

Des gains en terme de sécurité

Mais à Amiens, Le Havre et Rouen, où l’option de géolocalisation fonctionne déjà, ses temps d’intervention ont été divisés par deux ! Lyon, du coup, va inaugurer aussi le GPS dans ses voitures de patrouille. Les promoteurs du projet Pégase mettent en avant les gains pour les policiers eux-mêmes en terme de sécurité. Car la hiérarchie saura à chaque instant où patrouillent ses effectifs. À ce jour, quand un équipage est pris à partie, il est impossible de savoir où il se trouve tant qu’il n’a pas signalé sa position. Cet inconvénient a failli coûter la vie aux hommes de la BAC (brigade anticriminalité) d’Épinay-sur-Seine, qui avaient dû s’extraire de leur véhicule, sous une pluie de pierres, sans pouvoir utiliser leur radio, en octobre 2006.

Reste que le système inquiète les syndicats. Sans pour autant cautionner les comportements de collègues qui utiliseraient les voitures à des fins étrangères à la vie des services, Jean-Claude Delage, le secrétaire général d’Alliance, redoute « que les objectifs affichés soient détournés au profit d’un flicage permanent des fonctionnaires ». Selon lui, « le chef de patrouille doit conserver son pouvoir d’initiative ». Et le syndicaliste de suggérer « que les voitures de la hiérarchie soient également dotées de GPS, au cas où les chefs seraient eux-mêmes en danger... »

Les opérateurs  ne surveilleront pas mais par contre la hiérarchie  ne s'en privera pas... surtout en direct !

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