Là...ils font très fort...à la Police Municipale de Draguignan...
Mis en service au début de l'été, le concept, opérationnel sur les trois axes principaux (les boulevards Clemenceau, Foch et de la Liberté) donne des résultats : Pas moins de 792 procès-verbaux ont été dressés en quatre mois (l'équivalent du travail de cinq policiers en faction, 24h/24 !)
Le mode de fonctionnement est simple : l'officier de police, chargé de la vidéosurveillance scrute 7 j/7 sur ses écrans tout véhicule s'arrêtant en double file. Il «zoome» la plaque d'immatriculation, la transmet au service des cartes grises pour identification du véhicule et de son propriétaire... qui recevra la contravention quelques jours après.
Mais ni quota, ni objectif à atteindre.
Une verbalisation intelligente (Permettez moi d'en douter ???)
« La verbalisation doit se faire de manière rationnelle » comme le souligne le chef de la police municipale Gérard Jobey. « Sur ces axes, il y a peu de chance de passer au travers.
La répression devrait être encore renforcée, toujours intelligemment. Il faut apprécier au cas par cas. Une personne qui se gare devant une pharmacie pour aider une vieille dame à sortir ne sera pas sanctionnée. Et jusqu'à présent, les camions de livraison ne l'étaient pas non plus. Mais nous avons constaté des abus. Cela va donc changer ».
35 € l'arrêt-minute
Plus question donc, de se garer en double file, ne serait-ce pour une course rapide, warning en marche. Sans quoi, votre paquet de cigarettes, baguette ou journal risque de vous coûter au moins 35 euros...
Les automobilistes en cause, ignorant qu'ils sont verbalisés, peuvent récidiver à court terme. Mais de l'avis du chef de la police municipale, la leçon est généralement retenue lorsque le PV arrive à destination !
« Une dame, dernièrement, en a reçu deux dans la même journée. Elle ne l'a certes pas su sur le coup, mais elle a vite compris »... et jura, mais un peu tard sans doute, que l'on ne l'y reprendrait plus !
Quant aux irréductibles, ils baissent les bras au bout de la troisième contravention, après avoir tenté de remporter la partie... face à la machine. En vain. Ou clamé leur mécontentement, verbal ou écrit, auprès des services compétents, en exigeant le Journal officiel où figure ce texte de loi.
Mais selon Gérard Jobey, « la vidéosurveillance relève de la même législation que les radars automatiques. Les caméras sont homologuées. Nous travaillons avec le commissariat de police et nous avons obtenu les autorisations de la Préfecture et du procureur. Toujours est-il que nous allons renforcer la signalisation précisant l'interdiction».
Le maire, Max Piselli, rappelait que cette mesure, sans doute la première dans le Var, a été adoptée au conseil municipal.
« Le stationnement en double file était une plaie pour Draguignan. Et, contrairement à ce que l'on pouvait penser, il n'y a pas eu de révolution. Désormais, les automobilistes font plus attention. Et aucune clémence n'est accordée et ne peut l'être d'ailleurs. Que les choses soient claires. C'est une éducation au civisme un peu forcée, mais salutaire ».
Quatre mois plus tard, le stationnement en double file, même s'il n'a pas totalement disparu du paysage local est en tout cas banni. Et risque de le devenir dans d'autres villes du Var et des Alpes-Maritimes, déjà séduites par cette mesure dracénoise.