La grogne des "Vrais" syndicats de police...
Les syndicats UNSA et SGP-FO de la police nationale ont distribué des tracts, hier à Dunkerque, pour informer les citoyens des 10 000 suppressions de postes annoncés pour 2012. Un dégraissage des effectifs de l'ordre de 10 %. « Du jamais vu chez nous », fulminent les responsables syndicaux qui s'inquiètent pour leur condition de travail et la sécurité de la population.
Les syndicats UNSA et SGP-FO, en passe de fusionner, demandent aux citoyens « d'interpeller les élus pour s'opposer à cette grande braderie ». Des copies des tracts ont été envoyés, hier, à tous les maires du Dunkerquois qui se trouvent en zone police.
D'après les syndicats, les suppressions d'effectifs entreront en vigueur dès 2009 pour progressivement atteindre l'objectif de 10 000 postes de fonctionnaires en moins en 2012. Cela représente grosso modo 10 % des effectifs globaux de la police nationale.
« Les conséquences de ces coupes sombres s'annoncent dramatiques. La police nationale n'aura plus les moyens de son action. L'équation est simple : moins de policiers dans la rue, c'est plus d'insécurité », explique Jean-Marie Baudin. Par ailleurs, selon les syndicats, cela se traduira par la fermeture des petits commissariats de quartier.
La police s'inquiète aussi pour ses conditions de travail et la qualité de ses missions. « Faire le même travail avec 10 000 policiers en moins, c'est impossible. Les conditions d'exercice de notre métier se sont durcies. Jamais, dans la profession, on a été confronté à autant de suicides. Pour compenser les réductions d'effectifs, cinq jours de RTT ou repos de pénibilité de service (RPS) nous serons enlevés », rappelle Jean-Marie Baudin.
La pilule passe d'autant plus mal qu'en 2004, les négociations avec les syndicats avaient abouti à un accord de 108 000 fonctionnaires de police en France pour 2012. A cette date, ils seront au final près de 10 000 de moins.