LE FBI, IL Y A 1OO ANS, FUT CREE PAR UN BONAPARTE...
Du FBI, on connaît les grands noms : J. Edgar Hoover, l'homme qui fut responsable du Bureau pendant presque 50 ans, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, et Elliot Ness, l'agent qui a mis à terre le célèbre gangster Al Capone.
Mais la police fédérale américaine doit aussi sa réputation à sa longévité, sa capacité à évoluer au fil du temps, et aux affaires qu'elle a élucidées.
Créé par un Bonaparte
Elle a été créée par le ministre américain de la Justice Charles Bonaparte, issu d'une branche de la famille de Napoléon qui s'était installée à Baltimore, dans le Maryland (est). Il avait alors besoin de détectives pour enquêter sur les crimes fédéraux, explique l'historien du FBI, John Fox.
« Avec le temps, à mesure que le Congrès décidait qu'une chose ou une autre allait être une violation de la loi criminelle fédérale, sa juridiction s'est agrandie. Elle a également gagné du terrain avec les crises de sécurité nationale comme les deux guerres mondiales », poursuit-il.
Dès les années 1930, lors de la Grande dépression, le FBI commence aussi à capter l'imagination de la population et à se faire un nom. « Le bureau est devenu célèbre pour avoir fait tomber John Dillinger et des criminels dans son genre », raconte John Fox, mais c'est la Seconde Guerre mondiale qui transforme le Bureau en force policière incontournable aux moyens conséquents.
Depuis, la réputation du FBI est restée bonne, notamment grâce à ses succès et aux films et séries télévisées qu'ils ont inspirés.
Parmi eux, le rôle joué par la police fédérale dans l'arrestation de membres du Ku Klux Klan qui avaient tué trois militants de la lutte pour les droits civiques. Une histoire racontée dans le film Mississippi Burning en 1989.
Inaugurée dans les années 1950, sa liste des « dix suspects les plus recherchés » a aussi contribué à marquer les esprits à travers le monde. Plus de 400 visages ont défilé sur cette liste, et 95 % des fugitifs ont été arrêtés selon John Fox.
L'homme le plus recherché en ce moment est le chef d'al-Qaïda, Oussama ben Laden, qui y a été inscrit après les attentats de 1998 contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie. Toujours en fuite, il rappelle que le FBI a été incapable d'anticiper et d'empêcher les attentats du 11-Septembre. C'est son plus gros échec en 100 ans d'existence.