Les Gendarmes resteront des bidas ...
Un avant-projet de loi très court, de huit articles, sera examiné lors d'une réunion interministérielle lundi 9 juin, avant d'être présenté en conseil des ministres à la fin du mois ou début juillet. Il consacre l'existence d'une police militaire.
Le texte prépare ainsi, en apposant des verrous, le transfert de la tutelle du ministère de la défense à celui de l'intérieur. Il est surtout destiné à rassurer des gendarmes qui, depuis plusieurs mois, expriment de plus en plus ouvertement leur malaise, en prenant souvent pour référence 2001, année où, pour la première fois, ils avaient osé descendre dans la rue avec leurs familles. "Fuites" organisées dans la presse, témoignages relayés par des gradés, ou véhiculés par Internet, les exemples abondent.
La rumeur de la fermeture de la moitié des brigades dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, a envenimé la situation. Les comparaisons d'heures de travail et de salaires entre policiers et gendarmes n'ont cessé de se multiplier, parfois à tort et à travers. Les responsables hiérarchiques assurent que la "parité" des conditions sera assurée au terme de la réforme.
GROUPE DE PRESSION
La mise en détention provisoire, à Draguignan (Var), du maréchal chef des logis qui a abattu, le 23 mai, Joseph Guerdner, un gitan de 27 ans alors que ce dernier tentait de s'enfuir, a failli faire basculer la situation. Les gendarmes avaient brandi la menace d'une manifestation sur place "en tenue".
Le directeur général de la gendarmerie nationale, Guy Parayre, a dû faire un aller-retour pour apaiser ses troupes. Il leur a assuré que "l'institution" était derrière elles... "Le premier syndicaliste, c'est moi !", aime à répéter le général - dont le conseil des ministres devait, mercredi 4 juin, entériner le départ à la retraite et le remplacement au 1er juillet par son second, Roland Gilles. Depuis, le gendarme du Var a été remis en liberté, et une association de soutien a été créée.
A ce stade, le projet de loi ne remet pas en question les règles spécifiques aux gendarmes de l'usage des armes. Pour 80 utilisations de leurs armes à feu en 2007, les gendarmes ne se sont trouvés qu'à 20 reprises en légitime défense (règle qui s'applique aux policiers).