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Au Brésil, la police bat des records: elle tue beaucoup!

Publié le par DEXTER

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ONU. Un rapporteur sur les exécutions arbitraires dresse un bilan alarmant.

La mission de onze jours que Philip Alston, rapporteur de l'ONU pour les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a clôturée mercredi au Brésil était délicate: enquêter sur la brutalité policière. Il n'a d'ailleurs pas été reçu par le gouverneur de l'Etat de Rio, dont la police bat des records de létalité: entre le 1er janvier et le 30 septembre, elle a tué 961 personnes - en 2006, toutes les polices américaines réunies ont fait 341 victimes - officiellement dans des confrontations avec les narcotrafiquants. «Très souvent un euphémisme pour des exécutions», assène le rapporteur.
Philip Alston a rappelé que des policiers prennent part également à des milices ou à des escadrons de la mort, parfois à la solde de propriétaires terriens qui veulent éliminer les militants de la réforme agraire ou les Indiens qui revendiquent leurs terres.
Alston n'a pas critiqué le gouvernement de Lula, qui l'a invité à venir, signe de transparence. Au Brésil, les forces de l'ordre dépendent des Etats fédérés, mais l'Etat central a aussi son mot à dire. Et l'élection du leader de gauche, en 2003, avait suscité un espoir, aujourd'hui déçu, disent les ONG. Pour Sandra Carvalho, directrice de l'une d'elles,Justiça Global, les avancées sont «très timides». «Lula a mis sur pied un plan de lutte contre la torture, mais son budget est minime. Pour le président, les droits de l'homme, pourtant une de ses bannières historiques, ne sont pas une priorité.»
Et d'ajouter: «Le gouvernement central envoie des fonds aux Etats fédérés, mais il n'exige pas en échange une baisse de la létalité policière. Et il n'a pas mené les réformes nécessaires pour réduire l'impunité dont jouissent les forces de l'ordre. Lula a cédé à la pression de la société qui, face à l'insécurité, tolère les abus de la police.»
Pedro Montenegro, du Secrétariat spécial aux droits de l'homme, assure que le Programme national de sécurité publique et de citoyenneté (Pronasci), nouvellement voté, entend faire respecter les droits de l'homme. Il prend aussi en compte le fait que les principales victimes de la brutalité des forces de l'ordre sont des Brésiliens pauvres et de couleur. Mais il souligne la difficulté de la tâche. «Le Brésil est un pays continental et de faible tradition démocratique. Il n'y a pas si longtemps que la dictature a pris fin (ndlr: en 1985). Les institutions policières, comme la société, sont imprégnées d'une culture autoritaire difficile à changer.» Selon lui, Brasilia préfère «convaincre» les Etats à respecter les lois plutôt que les menacer de leur couper les fonds, «d'autant que certains d'entre eux n'ont pas besoin d'argent».

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