Vers une Police scientifique de masse...
MAM a par ailleurs confirmé son intention de développer la formation des fonctionnaires de police en matière de police scientifique afin de pouvoir augmenter leur nombre. Elle veut également "moderniser et développer notamment les moteurs de recherche dans les fichiers". "Cela implique des moyens pour la police technique et scientifique", a dit Mme Alliot-Marie sans donner de chiffres.
La ministre a annoncé le 7 janvier dernier un plan de développement de la police technique et scientifique (PTS), d'un coût global est de 40 millions d'euros. Fin février, elle a estimé que d'ici deux ans, la gendarmerie, qui dispose actuellement de 480 techniciens d'identification criminelle, en formera 1.800 supplémentaires, alors qu'on passerait de 1.100 à 2.600 policiers polyvalents, tandis qu'elle pourrait également recruter 600 personnels scientifiques supplémentaires.
Les données recueillies, "on pourra par la suite s'en servir dans l'élucidation de crimes et délits", a ajouté la ministre. Selon elle, une personne interpellée pour "un délit ou un petit vol" pourrait par exemple se trouver être "une personne recherchée" dans une autre affaire plus grave.
Les fichiers qui regroupent les empreintes génétiques et digitales ne changeront pas. "Ce sont les fichiers tels que nous les avons", a indiqué Mme Alliot-Marie, sans donner davantage de précisions. "Nous avons du retard par rapport à certains pays comme l'Allemagne", mais "nous sommes en train de combler ce retard", a-t-elle assuré.
Après les polémiques sur les fichiers STIC et EDVIGE, la ministre de l'Intérieur ne voit pas d'atteinte aux libertés individuelles dans la généralisation des prélèvements d'empreintes génétiques et digitales. "Je suis ministre de l'Intérieur, en charge de la sécurité et des libertés", s'est-elle contenté de répondre, ajoutant: "La première des libertés, c'est la sécurité (...) Il faut retrouver ceux qui ont violé la loi".